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Source #6 Behemoth

Source #9 Watain

Asu, Paru le 01/11/12

Playlist Metal #2 : Black Metal

Nous nous retrouvons pour le deuxième volet de cette série consacrée à la musique Metal, avec ce coup-ci un sous-genre beaucoup moins entraînant et joyeux que le Folk, le Black Metal. Autant être franc dès le départ : le Black Metal n’est pas la musique la plus propre du monde. Attention, le Black Metal n’a rien à voir avec la musique pseudo-gothique pour lycéennes en mal d’amour, de ce fait oubliez Marylin Manson et autres joyeux lurons. Ouvertement sataniste, du moins au début de son histoire, son dégueulasse et chants hurlés, guitares rapides et cris stridents, bienvenue dans un univers froid et glauque, mais à la musicalité puissante et aux compos déroutantes. Ce genre, né dans les années 1980, est devenu « populaire » (on parle quand même d’un sous-genre de Metal…) dans les années 1990 avec les groupes de Black Metal Norvégiens. Le Black est sujet à beaucoup de controverses, notamment à cause des incendies d’églises qui ont eu lieu dans les années 1990, à ses références satanistes, et même parfois, pour les groupes les plus extrêmes, au nazisme et au racisme. Le Black Metal est aujourd’hui, grossièrement, divisé en deux catégories : les groupes qui prônent une musique fidèle aux origines du genre, posées dans les années 1990, et les groupes qui cherchent à explorer de nouveaux horizons en y intégrant des éléments progressifs, les premiers qualifiant souvent les seconds (parfois à raison) de « commerciaux », « vendus », ou autres sobriquets. Pour résumer, ce n’est pas la musique que l’on écoute en se remémorant ses dernières vacances d’été au bord de l’eau, allongé sur le sable.

WELCOME TO HELL

#1 : Bathory – Nordland

Dans le Metal, et sans doute plus que dans n’importe quel genre de musique, on s’attache à classer les groupes dans des styles bien précis. Le problème, c’est que certains groupes ne se cantonnent pas à un seul style au cours de leur carrière, ou en ont carrément initié plusieurs. Bathory est sans aucun doute de ces derniers. Groupe norvégien des années 80, pas un seul groupe de Black Metal des années 1990 ne pouvaient revendiquer Bathory comme source d’inspiration. On commence donc doucement avec les prémices de ce qui sera appelé plus tard le Black…

#2 : Mayhem – Freezing Moon

On rentre dans le vif du sujet avec Mayhem, un groupe mythique de ce qu’on appelle aujourd’hui le Black Metal Norvégien. Ce groupe a eu une histoire disons un peu… non conventionnelle. Le chanteur, Dead, se suicide en 91. En 92, le guitariste Euronymous fonde un magasin consacré au Black, qui deviendra le point de ralliement des satanistes norvégiens qui se mettront à brûler plusieurs églises en Norvège à cette époque. En 93, Euronymous est assassiné par Varg Vikernes, leader du groupe Black Metal Norvégien Burzum… Non conventionnel, qu’on vous a dit. Mayhem existe toujours, sous une line-up évidemment différente, et continue de propager ses méfaits à travers le monde.

#3 : Satyricon – Mother North

Il est inconcevable de présenter le Black Metal sans mentionner ne serait-ce qu’une seule fois Satyricon, autre groupe de Black Norvégien, dont le titre Mother North fait aujourd’hui référence de titre mythique du Black Metal. Groupe mené par deux musiciens, Satyr et Frost, leur troisième album Nemesis Divina, paru en 1996, restera sans aucun doute l’un des albums de Black les plus écoutés à ce jour. Le groupe existe encore aujourd’hui, mais fait moins l’unanimité qu’auparavant. En effet, les puristes lui reprochent d’avoir signé chez un Major et de s’être éloigné du « True Black Metal » pour aller vers une musique plus commerciale. Satyricon est typiquement au cœur du débat un peu débile et stérile qui oppose le « True Black Metal » des origines aux groupes contemporains pratiquant un Black plus évolué… Si vous vous en foutez de toutes ces critiques, considérez ce groupe comme l’un des meilleurs du genre (comment ça, je suis pas objectif ?).

#4 Gorgoroth – Carving a Giant

Rassurez-vous, Gorgoroth sera, à notre façon, le seul point Godwin de cette playlist. Que dire sur ce groupe, lui aussi norvégien, aujourd’hui séparé, et de son leader, Gaahl, défini comme « l’homme le plus diabolique sur Terre» par le Terrorizer Magazine. Autant être franc, ce mec n’est pas franchement le gendre idéal. Condamné à 15 ans de prison pour avoir, je cite, « agressé et torturé un homme pendant 6 heures en collectant son sang dans un verre et de l’avoir menacé de lui faire boire ». Notons qu’il avoue soutenir les idées politiques nazies, tout en assumant ouvertement son homosexualité. Bref…

#5 Dimmu Borgir – Dimmu Borgir

On retrouve un groupe plus acceptable, lui aussi norvégien. A croire qu’il n’y a qu’eux pour faire du Black. Vous ne connaissez pas Dimmu Borgir ? Pourtant ce groupe est archi médiatisé et connu en Scandinavie. Au top 50, on se tape Johnny Hallyday, Colonel Reyel et autres, en Norvège, on écoute Dimmu Borgir. Et oui, c’est comme ça, parfois la vie est injuste. A noter que Dimmu Borgir pratique un Black Metal moins sombre, qualifié de mélodique, ou symphonique.

6# Behemoth – Christians to the Lions

Premier groupe non norvégien de la playlist! Behemoth est un groupe polonais de Black Metal, mais qui s’est dirigé vers le Death Metal depuis quelques années, tout en gardant le thème sataniste du Black dans ses compos. Behemoth, groupe polonais donc, est sans nulle doute l’un des groupes de Metal « contemporain » les plus médiatisés. Le chanteur, Nergal, tout juste remis d’une leucémie, vient d’être condamné par la Cour de Pologne pour avoir déclaré que le Christianisme était « le culte le plus meurtrier de la planète ».

#7 Endstille – Dominanz

Endstille est un groupe allemand de Black Metal, dont les textes et l’ambiance de scène s’inspirent en grande partie de l’univers de la guerre. Ce groupe est toujours en activité avec 7 albums au compteur, et revendique un retour au « True Black Metal » des années 1990. Pas besoin d’écouter toute la discographie pour se rendre compte que c’est laid, dégueulasse, froid. Un retour aux fondamentaux, donc.

#8 Merrimack – Melancholia Balneum Diaboli

« Le mélancolique est une proie désignée pour le Diable ». A l’image du célèbre album de Mayhem, De Mysteriis Dom Satanas (les mystères occultes de Satan), pour parler le Black, il faut parler un peu le latin. Sans doute parce que ça fait plus « True ». Du reste, Merrimack n’est pas un groupe norvégien, scandinave ou teuton : c’est un groupe français, qui pratique un Black Metal fidèle aux principes posés par les pionniers norvégiens du genre, et ce depuis 1994.

#9 Watain – Stellarvore

Watain est un groupe suédois formé en 1998, et n’est pas vraiment ce qu’on peut appeler un groupe catholique et tolérant (même dans l’univers Black). Voyez vous-même le décor dans cet extrait live. Pour la petite histoire, TF1, par le biais de son émission « sept à huit », avait tourné en 2010 un reportage sur le Hellfest Open Air (plus grand festival de Metal de France, et d’ailleurs l’un des plus grands d’Europe, ayant lieu tous les ans à Clisson en juin, près de Nantes). Afin de montrer à quel point cette musique sataniste pour dégénérés mentaux était malfaisante, le reportage, assez court, voyait une grande partie consacrée à une interview du groupe. Après la diffusion de l’émission, plusieurs associations ont exigé la censure du reportage, chose faite la semaine suivante. En somme, une bonne publicité pour le groupe et pour le festival. Il faut savoir que cette censure prenait cadre dans un contexte précis, car cette année-là plusieurs politiques, dont Christine Boutin et Philippe De Villiers, étaient montés au créneau pour demander la suppression du festival.

10# Enslaved – Thoughts Like Hammers

On termine cette playlist avec Enslaved, un groupe lui aussi norvégien, qui est à l’image de ce que le Black Metal peut aujourd’hui offrir de nouveau. Après s’être cantonné aux origines du genre, avoir exploré le côté « Folk-Pagan » (voir Playlist #1) du Black, Enslaved pratique aujourd’hui un Black Metal plus progressif, plus mélodique. Le son est moins tâché, alternant moments clairs avec furie Black. Ce titre, extrait de leur dernier album sorti le mois dernier, en est le parfait exemple.

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