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JB, le 12/04/12

Playlist musique de film Quentin Tarantino

J'ai commencé par vouloir faire une playlist [musique de film] en général, mais après avoir hésité pendant longtemps, et listé une trentaine de titres que j'aimerais vous faire (re)découvrir, j'ai décidé de me restreindre. Pour ce premier lot, je vais m'évertuer à vous présenter les musiques empruntées par Quentin Tarantino pour quelques uns de ses plus célèbres films. Là encore, le sujet est très vaste, mais quelques titres se démarquent par leur justesse et leur habileté à retranscrire les émotions transmises par le film. Afin de vous immerger au mieux, j'essaierai pour chaque morceau de vous décrire la scène de laquelle il est tiré, et l'atmosphère qui s'y dégage.

#1 : Flowers of Carnage, Meiko Kaji (Kill Bill 1)

Commençons de manière totalement arbitraire par le chef d'oeuvre en deux volumes, paru entre 2003 et 2004, et narrant la vengeance de Beatrix Kiddo (alias « la mariée »). Kill Bill, c'est d'abord un film d'action. OK il est un peu violent, le sang coule à flot, les katanas fendent l'air (et la chair). Mais l'atmosphère qui se dégage du film est tout bonnement unique, rarement égalée. Afin de se venger de l'organisation de tueurs à gages des « Vipères Assassines », la mariée va devoir parcourir le monde, seule, en partant de rien (littéralement, puisque sans rien vous spoiler, elle commence par réapprendre à marcher), avec un seul but, une seule obsession : tuer Bill. L'extrait suivant dépeint la bataille finale du premier film, entre Beatrix et O-Ren Ishii, dans un décor enchanteur de jardin japonais sous la neige.

#2 : Stuck in the Middle with You, Stealers Wheel (Reservoir Dogs)

Reservoir Dogs, c'est LE film de gangsters par excellence. Un huit-clos scabreux suite à un braquage qui a mal tourné. Ou comment prendre six mecs au hasard, qui ne se connaissent ni d'Eve ni d'Adam, leur faire vite fait louper leur braquage, et passer les 90 minutes du film à nous montrer ce qui s'est passé avant et ce qui se passe après. Qui a le magot ? Qui a prévenu les flics ? A qui peut-on faire confiance ?
Ah, et pour info, c'est aussi le premier long-métrage de Tarantino, et celui qui l'a révélé. Alors ici aussi, ne vous attendez pas qu'à des bons sentiments. Ça tire dans tous les sens, ça saigne à bloc, mais ça envoie sec, question classe et intensité. La musique participe largement à cela, ainsi qu'à l'absurdité qui se dégage peu à peu. L'exemple le plus représentatif illustre la scène probablement la plus mythique du film, pendant laquelle l'un des bandit torture un officier de police.

#3 : Waiting for the Miracle, Leonard Cohen (Tueurs Nés)

Alors OK, Tueurs Nés n'est pas vraiment de Tarantino. Le réalisateur est Oliver Stone, mais bon, le scénario c'est quand même Tarantino, et franchement, ça se voit ! Le film raconte l'histoire de Mickey et Mallory, deux êtres qui se trouvent réunis après une enfance traumatisante, tombent amoureux, et deviennent des tueurs en série adulés par les médias. Largement influencé par Bonnie & Clyde, ce film violent et psychédélique s'appuie sur un casting brillant (Woody Harrelson, Juliette Lewis, Robert Downey Jr, Tommy Lee Jones, etc.) et une bande son toute aussi brillante. La musique qui suit est en fait le thème d'entrée, où les deux tueurs débarquent dans un commerce en plein désert, et où Mallory improvise une danse en toute liberté et sans aucune inhibition. Cette scène magistrale plante d'entrée le décor du film, que je ne peux que vous conseiller.

#4 : Hold Tight, Dave, Dee, Dozy, Beaky Mick & Tich (Boulevard de la mort, Grindhouse)

On s'attaque ici peut-être au film le plus dur à appréhender (au premier abord), fait par Tarantino. Celui qui sort le plus de ce qu'on a l'habitude de voir, du moins au 21ème siècle. Mais tout cela est volontaire, puisque Tarantino imite ici les Slashers des années 1970, dopés ici aux Muscle cars et aux cascadeurs. Le personnage principal est Stuntman Mike (littéralement Mike le cascadeur), qui pour son bon plaisir utilise sa voiture « à l'épreuve de la mort » pour assassiner des femmes, de préférence jeunes, jolies et provocantes. Une sorte de Road Movie psychotique où l'on suit Mike à travers deux de ses méfaits, dont l'un ne va pas se dérouler exactement comme prévu. Le titre qui suit passe pendant une scène emblématique du film. Les quatre premières victimes de Mike sont dans leur voiture, poussent la radio à fond et dansent comme des folles sans se douter de se qui les attend au bout de la route (et au bout de la chanson).

#5 : Accross the 110th Street, Bobby Womack (Jackie Brown)

Sûrement pas le film le plus connu de Tarantino, mais néanmoins pas le moins intéressant ni le moins abouti, Jackie Brown est tiré d'un roman d'Elmore Leonard (Punch Créole). C'est l'histoire d'une hôtesse de l'air (Jackie) qui sert de passeur pour un trafiquant d'armes, pour arrondir ses fins de mois. Globalement plus léger que les films cités précédemment, il n'en reste pas moins un modèle du genre, apprécié des fans. La musique qui suit traduit cette légèreté, et fait figure ici aussi de thème d'ouverture. Très particulier, cette ouverture se fait sur l'actrice principale (Pam Grier), filmée de profil pendant plus de deux minutes, sur le tapis roulant d'un aéroport.

#6 : Don't Let me Be Misunderstood, Santa Esmeralda (Kill Bill 1)

Retour à Kill Bill, dont la bande originale me laisse scotché à chaque fois que le film me passe devant les yeux. Ici, on aborde une musique récurrente du premier film, que l'on retrouve presque à chaque moment où la tension est palpable, par exemple juste avant ou pendant un combat. Il s'agit d'une reprise « disco » d'une chanson de Nina Simone, par Santa Esmeralda. Une musique qui donnerait presque envie de chausser ses claquettes et de défoncer son parquet.

#7 : Girl, you'll be a woman soon, Urge Overkill (Pulp Fiction)

Ceux qui me connaissent savent à quel point ce film me tient à cœur, et avaient peut-être anticipé que je finirai par celui-ci. Bref, c'est Pulp Fiction. Je ne vous ferai pas l'affront de vous en faire un résumé, premièrement parce que c'est difficilement faisable, et deuxièmement parce que j'ose espérer que vous l'avez tous vu (si ce n'est pas le cas, éteignez votre ordinateur, et allez acheter le DVD, honte à vous!). De plus, en faire la critique est pour moi limite infaisable, tellement mon absence d'objectivité serait criante. Quant à la musique, elle est variée, et s'insère parfaitement dans l'harmonie globale du film. Vous connaissez sans doute tous le thème d'ouverture, qui a été (honteusement) repris par les Black Eyed Peas, ainsi que le thème de fin. Voici donc ici une musique un peu moins célèbre, sur laquelle danse pourtant une Mia Wallace complètement droguée juste après sa soirée avec Vincent Vega.

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