Antoine le 16/09/2011

Do you speak french?

Dans le paysage musical mondial L'Angleterre possède le rock et la transe, l'Allemagne la techno et les Etats-Unis leur saint hip-hop. Mais qu'en est-il de notre bon pays? Qu'en est-il de cette mystérieuse "patte française"?

Aujourd'hui la musique française est représenté dans le monde par des stars (lamentables) telles que notre trio de Dj phares Guetta , Solveig, et Sinclar. Mais du fait du lissage musical et de la vulgarisation de la musique électronique, on observe sans grandes difficultés que ces "musiciens" produisent un son international, apatride et donc difficilement identifiable. Car c'est là qu'est la véritable question, qu'elle est aujourd'hui la véritable identité de la French Touch, si longtemps vénérée?

Remontons aux origines, au début des 90's le terme désignait essentiellement la musique électronique et notamment la House. Après le "summer of love" et la pluie de cachetons multicolores qui s'est abattue sur la jeunesse britannique en 1988, le gouvernement de Thatcher a pris de larges mesures contre la musique techno en Angleterre qui s'est ainsi rapidement réfugiée en France. Le mouvement va germer et se forger en s'inspirant de la soul funk de la génération passée, des labels underground britanniques et la deep house de Chicago. Ces ponts culturels sont fondés par de grands noms comme Laurent Garnier, Phillipe Zdar (futur fondateur de Cassius) et bien sûr les Daft Punk. Cet engouement s'est surtout centré sur la house et on s'accorde à dire que la French touch désigne les artistes français house et techno. Cette définition sera assise par de grands succès du genre comme l'album Pansoul de Motorbass en 1996 et Homework des Daft punk la même année, mais rapidement des genres nouveaux vont se greffer au terme, via des monstres sacrés de la scène française comme St Germain (acid-jazz), Air (downtempo) ou Dj Cam (beatmaking). Il en reviendrait à dire que la Frenchtouch désigne une scène underground française extrêmement prolifique au niveau mondial, mais peu connu d'un public pas assez "éduqué" à l'époque. Les succès House français vont se multiplier et étendre la réputation des jambons-beurre: enflammé par une tournée spectaculaire des Daft Punk en 1997, le public accueil à bras ouverts des noms comme Demon, Stardust (derrière lequel se cache Thomas Benagalter, moitié des Daft Punk) ou encore Alan Braxe. Les labels Roulé et Defected sont aux tops, la House et notamment la française en mettent plein la gueule !!Seulement les années 2000 sont arrivées et avec elles débarque une génération qui porte des oreilles neuves. Les sonorités changent, le matériel aussi, adieu vinyles poussiéreux, bonjour Traktor, contrôleur midi et Mpc dernière génération. Ces progrès et les influences nouvelles vont métamorphoser la French touch, la toile de fond reste la même: les Daft, le clubbing parisien, mais le ton change! La refonte du genre se fera à travers des labels phares comme Ed Banger Records, Kitsuné, Institubes ou encore Citizen Records. L'électro devient alors le fleuron du genre avec des artistes comme SebastiAn, Mr Oizo, Justice. La musique française réécrit son ADN, la musique devient moins organique, la pop-rock s'insinue dans les créations, la figure du Dj disparaît pour laisser place à l'icône de la Rock star. Cette tendance suit évidemment les modes, la house était à la mode en 90, l'électro banging l'a été sur la période 2000-2010, qu'en est il aujourd'hui?

Tout comme auparavant la musique électro française reste faite d'influence, l'influence américaine et britannique s'est dissipée, les regards et surtout les oreilles sont tournées vers Berlin. Les succès récents de labels emblématiques comme M_nus records ou Bpitch Control font fantasmer nos petits frenchies. Ainsi des artistes comme Arnaud Rebotini (mais si, le moustachu qui a fait la BO de Rock'n'Rolla), Agoria ou Mondkopf ont ouvert la voie sur cette nouvelle (et prodigieuse) piste. En parfaite illustration de cette influence internationale l'invitation de Clara Moto sur le label Infiné fondé par le lyonnais Agoria. Ainsi ces vieux routiers enfoncent de nouvelles portes et inspirent des artistes aujourd'hui d'une qualité rare dans leur genre, Rone avec son album Spanish Breakfeast signé chez Infiné , Gesaffelstein et son album au son martial intitulé Conspiracy et signé chez Turbo ou encore Mondkopf qui nous a livré il y a trois mois Rising Doom un album aux sonorités obscures et ambiguës.

Ici plus que jamais ce dernier coude de la Frenc Touch dans son évolution façonne son propre visage, et il se veut dur, brut, mélancolique. Le clubbing effréné lasse, il fatigue de sa platitude, la house était le son d'une époque, joviale, sexuelle, enfantine. Aujourd'hui la musique s'approfondie, les adeptes ne veulent plus danser, ne plus faire du headbanging au Rex club jusqu'à 7h du mat', ils ont découvert que planer c'était peut-être mieux.

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