Liens relatifs et sources

Alki, Paru le 22/12/12

Sun-Ken Rock / Dance in the Vampire Bund / Highschool of the dead

Une fois n'est pas coutume, je vais aujourd'hui vous parler littérature ! 'Fin, littérature de mon niveau, avec plus d'images que de textes, soyez rassurés. Je vais plus spécifiquement vous parler de trois mangas, tous trois pas franchement récents, mais si vous vous intéressez au genre et que vous ne les connaissez pas, il serait dommage de passer à côté. Je tiens à préciser que les trois œuvres sont typées Seinen, ce qui signifie qu'elles sont orientées adultes pour diverses raisons, et qu'elles sont pas forcément à mettre entre des mains d'enfants.

Corée, fun et bouffe

Gang = Etat. Voilà, en gros, la base de réflexion de ce manga. Sun-Ken Rock, créé par Boichi, est un manga qui se déroule en Corée du Sud, à Séoul, et qui suit Ken, un japonais qui a décidé d'émigrer pour suivre l'amour de sa vie en quittant le lycée après avoir perdu sa famille, massacrée par des Yakuzas. Ce garçon erre pendant an sur place avant d'être repéré par trois Gundals (les Yakuzas locaux) qui décident d'en faire leur boss. A partir de là commence l'épique quête de Ken pour conquérir le monde et le cœur de sa belle, malheureusement policière et membre de l'anti-gang.

Alors si la base paraît farfelue, c'est en fait un peu plus crédible que ça en a l'air. Si l'on suit la logique du bouquin, un état et un gang on a deux caractéristiques principales en commun : les deux ont un territoire qu'ils défendent par la puissance militaire, et les deux ont une sphère d'influence avec des taxes et des lois, avec possibilité d'intervention de la force pour les faire respecter. Ceci dit, je laisse les considérations politiques à vos soins, mais je tenais à préciser que le script est plus structuré qu'il n'en a l'air quand on lit le premier tome, dans lequel tout se met très (trop ?) rapidement en place.

Sun-Ken Style

Aujourd'hui pourvue de 15 tomes en France, éditée par Doki-doki, la série a succès parmi les amateur du genre. Baston (les armes à feu et blanches étant interdites en Corée, on y apprend que les gang locaux se battent avec des couteaux à Sashimi), sexe et fun, tout y est. L'artiste sait réellement alterner les passages light et les passages plus sombres voire durs avec brio, et les personnages ayant tous un background palpable, ça ne gâche rien.

De plus, l'auteur est un fan de nourriture, ce qui transparaît dans toutes ses œuvres (Space Chief Kaiser, par exemple, excellent one-shot dans le même délire), et il se fait un plaisir d'expliquer des traditions gastronomiques coréennes et japonaises, en détaillant les processus et en les dessinant de façon presque appétissante. Le dessin, par ailleurs, est de qualité. Les traits sont vifs, propres, les décors sont superbes.

Un scénario sérieux, voire parfois plutôt glauque, avec toutes les parties plutôt décalées qui apaisent, plein d'informations cool sur divers gastronomies, des personnages hauts en couleur, une réelle progression et sur moins de 73 tomes, bref, ce titre est un must-have de toute mangathèque Seinen un peu sérieuse.

Sun-Ken Rock, 15 volumes, écrit / dessiné par Boichi, édité chez Doki-doki.

I would believe only in a God that knows how to dance

Beaucoup moins drôle, mais tout aussi agréable, voici Dance in the Vampire Bund (à ne pas confondre avec Dive in the vampire bund, qui est un simple spin-off). Les vampires existent, et mieux encore, ils s'achètent une île artificielle au large de Tokyo qui leur servira de territoire dorénavant. Les vampires ont une régente, Mina Tepes, et celle-ci a de nombreux serviteurs, dont les lycanthropes dont fait partie notre héros, Akira. Ce lycéen est appelé au chevet de son altesse (et plus encore, visiblement...) à l'arrivée de celle-ci au Bund, le fameux royaume acheté sous forme de concession au gouvernement japonais.

Le personnage d'Akira va donc commencer son rôle de lycéen / bodygard de sa majesté vampire / boyfriend de sa majesté vampire, et va être confronté à une masse de travail rare, de nos jours. En effet, cette puissance royale attire bien des convoitises, en plus de l'incrédulité des humains qui sont mis face au fait de l'existence des suceurs de sang. Et toute cette jalousie amène des complots politiques parfois retors, souvent violents, toujours captivants.

You must excuse me, but I have already dined. And I never drink wine.

Le graphisme est beaucoup moins impressionnant que celui de Sun-Ken Rock, car bien plus épuré, mais il reste cependant très agréable et clair. Des intrigues politiques liées à des vampires et des lycans, des relations...perturbantes, honnêtement, mais gentillettes, un peu de fun pour égayer de temps à autre et des personnages solides, voilà ce que propose cette excellente série en désormais 12 volumes français.

Là encore, à déconseiller à des enfants de moins de 15 ans, et encore. Pas pour la violence ni pour le contenu X rated, mais plus pour les jeux scénaristiques plus subtils qu'il n'y paraît. Ayant commencé à lire des mangas avec Neon Genesis Evangelion, j'voudrais pas que des ados fassent la même erreur que moi, voyez ? Mais mon conseil reste entier : un ado n'aura pas forcément toutes les clefs de compréhension des multiples niveaux de lecture de l’œuvre, ce qui serait un peu dommage, tant certaines analogies paraissent criantes.

Encore une série à acheter les yeux fermés, si tant est que vous cherchiez quelque chose qui sort du carcan Shônen de type Naruto. Frais, intelligent, jouant efficacement sur les codes littéraires des vampires et des lycans, ce manga écrit par Nozomu Tamaki mérite sa présence dans toute bibliothèque.

Dance in the Vampire Bund, 12 volumes, écrit / dessiné par Nozomu Tamaki, édité chez Tonkam.

The zee day

Clairement le plus soft et décalé des trois, Highschool of the Dead est une histoire de zombies qui sied si bien en ces jours d'insécurité céleste. L'histoire de Takashi commence un brave matin de cours quand il se fait engueuler par son amie d'enfance (dont il est secrètement amoureux, tellement original...) qui sort avec avec un autre type un peu cool. Seulement, ce matin-là, une épidémie de zombie se répand et fini par arriver à son lycée, ce qu'il entrevoit depuis le toit. Il décide donc de sauver sa copine, et vu que le boyfriend meurt très vite, il se retrouve à la protéger afin de l'emmener voir les parents des deux, le monde étant tombé dans un blackout total.

Très vite, ils vont rencontrer un groupe de lycéens qui s'en sortent, qui vont les rejoindre et placer à leur tête ce brave Takashi. Dans ce groupe de survivors, on retrouve pêle-mêle la bushidoka (le Bushido est l'art martial du sabre), une sojutsuka (l'art de la lance), un nerd spécialiste des armes à feu, l'infirmière à gros seins un peu gourde, et la surdouée qui prend tout le monde de haut et qui donne des conseils stratégiques. Schéma classique du groupe de survivants avec chacun une spécialité.

I am a conservative, but I am not a zombie.

Dessiné par le créateur d'un sous-genre de hentai (ça ne s'invente pas...) et scénarisé par son frangin, le manga est une ode au genre du zombie. La majorité des codes y est respectée, le survival et la tension qui est associée aussi. C'est très orienté cul, j'vous le cacherai pas, mais ça mérite quand même de s'y attarder pour autre chose. Beaucoup moins sérieux que Dance in the Vampire Bund, Highschool of the Dead est apparu comme une fleur il y a 3 ans de ça et quand bien même le rythme de parution est faible (7 tomes en France seulement), l'histoire avance suffisament vite pour s'y accrocher sans être déçu.

Le contenu est relativement « explicit content », mais le mix entre humour et le trip Z-day créé pour être le plus crédible font que le manga marche très bien. Des trois, c'est le seul vraiment appréciable pour « tout » public (à éviter quand même chez les plus jeunes, hein). Les frangins Sato ont fabriqué là un manga d'excellente facture, compte tenu du peu d'expérience dont ils font preuve. A essayer impérativement pour tout fan de série Z, ou de Seinen un peu léger.

Highschool of the Dead, 7 volumes, dessiné par Shouji Sato, écrit par Daisuke Sato, édite chez Pika edition.

comments powered by Disqus