JB, Paru le 14/10/12

Le Déchronologue

Paru en 2009 aux éditions La Volte et récompensé l’année d’après par le Grand Prix de l’Imaginaire, ce roman de Stéphane Beauverger (connu notamment pour sa trilogie Chromozone) mêle habilement récit de piraterie et science fiction..

Couverture du livre de poche – Editions folio SF

« Je suis le capitaine Henri Villon et je mourrai bientôt »

Pas un spoiler, seulement la première phrase du livre. Le retour en arrière de plus de 500 pages qui suivra vous racontera, à la première personne, les aventures de ce capitaine français, pirate à ces heures, mais surtout chasseur de trésors bien particuliers. A la barre de son vaisseau le Chronos (dans un premier temps), il parcourt la mer des Caraïbes en proie à des phénomènes récurrents de failles temporelles, qui ramènent au 17ème siècle des inventions modernes telles que la radio, les médicaments ou la nourriture en conserve. Collectionnant ces fameuses maravillas, le capitaine Villon entreprend un périple qui l’amènera de Port-Margot à Tortuga, de Carthagène à Santa Marta et à la péninsule du Yucatan. Alors que sa patrie est en guerre avec l’Espagne, Henri Villon va devoir affronter une menace bien plus périlleuse que de simples voiliers. Une menace de fer et d’acier, dont la puissance de feu surpasse largement celle des batteries de canons de l’époque.

Un potentiel mal exploité

Avec un tel résumé, l’imagination des fans de SF que nous sommes s’enflamme à l’idée de ces batailles navales uchroniques et des voyages temporels qui pourraient en découler. Malheureusement, les trois premiers quarts du récit s’emploient à nous expliquer progressivement la nature des phénomènes temporels qui secouent la baie des Caraïbes. Henri Villon voyage d’île en île, toujours à la recherche de nouvelles merveilles, tantôt libre tantôt prisonnier, mais toujours spectateur passif. Toute cette première partie tient donc plus du roman de piraterie que de véritable Science Fiction. Le dernier quart du livre tient plus ses promesses et nous tient en haleine jusqu’au finish spectaculaire, mais nous fait regretter que les choses sérieuses n’aient pas commencé plus tôt. Certains passages de la première partie traînent vraiment en longueur et apportent peu à la trame globale du récit, ce qui découragera certainement certains de finir la lecture.

Stéphane Beauverger, auteur du livre, aux Utopiales 2009©

Points positifs

Malgré cela, le style épuré de Stéphane Beauverger rend Le Déchronologue assez simple à lire, et avec du temps libre et un peu de motivation, vous ne devriez pas mettre plus d’une semaine à en venir à bout. Il se peut d’ailleurs que l’impression finale soit meilleure en lisant rapidement. Les personnages attachants et décrits à la perfection que vous croiserez tout au long de l’aventure ne pourront également que la rendre plus agréable. En bref, un rendu assez mitigé mais qui ne décevra pas ceux qui ne se fieront pas trop au résumé.

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