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JB, Paru le 09/04/13

Bioshock Infinite

Il est de ces jeux qui savent se faire désirer ! Annoncé pour la première fois en Août 2010, le lancement initialement prévu en Octobre 2012 a été repoussé à Février puis Mars 2013, soit plus de trois ans après Bioshock 2, dernier opus en date. Mais qu’on se le dise, ça valait le coup d’attendre si longtemps.

Jaquette officielle du jeu

De Rapture à Colulmbia

Bienvenue à Columbia, cité utopique du début du 20ème siècle où la vie s’écoule en paix et en harmonie et où le Soleil illumine tous les jours les baies et les ruelles pavées du centre ville. D’entrée de jeu l’immersion est énorme ; l’architecture post-coloniale est parfaitement reproduite et on se croirait presque en pleine Amérique du début du 20ème. Presque, car il faut préciser que Columbia se situe intégralement … dans les nuages ! Cité aérienne où les bâtiments flottants sont reliés par un vaste réseau de navettes et de rails suspendus, Columbia offre un contraste saisissant avec les couloirs sombres et glauques de Rapture, et démontre encore une fois le talent des réalisateurs d’Irrational Games en matière de création d’environnement virtuel. En termes de graphismes, même si certaines textures sont un peu brouillonnes, on sent un réel effort pour créer un climat particulier, une identité propre. De plus les expressions des visages et la profondeur de champ sont tout simplement stupéfiantes. On tombe littéralement sous le charme de cette cité enchanteresse où l’on passerait volontiers nos prochaines vacances, mais qui va pourtant s’avérer le théâtre d’événements sordides.

Image du jeu

« Ramenez la fille, et nous effacerons la dette »

Célèbre phrase des premiers trailers du jeu, qui a le mérite de bien planter le décor. Nous voici dans la peau de Booker Dewitt, un homme au passé apparemment chargé qui se voit contraint d’accepter une mission peu ordinaire en paiement de ses dettes : ramener à New York une jeune femme nommée Elizabeth, détenue à Columbia pour d’obscures raisons. Propulsé dans les nuages par un appareil digne des premières heures de la conquête du ciel, nous découvrons rapidement qu’Elizabeth est en fait retenue prisonnière par un mystérieux prophète dénommé Comstock qui la considère comme son agneau, censé à terme libérer la ville du joug du monde d’en bas, la « Sodome Inférieure ». Ajoutez à ce patriotisme exacerbé l’emprise spirituelle quasi-Orwellienne de Comstock sur ses fidèles, le tout baignant dans un cllimat de ségrégation raciale post-Sécession, et vous obtiendrez ce mélange (d)étonnant qui mêle habilement passé et futur, anticipation et dénonciation. Mais mieux que ces quelques mots, il vous faudra vous-même arpenter Columbia pour vous imprégner pleinement de l’ambiance qui y règne.

Affiche du jeu

Un FPS unique en son genre

Cette diversité se retrouve au niveau du gameplay. Ni totalement jeu de shoot, ni totalement exploration, Bioshock Infinite a su tirer les meilleures parties des deux genres. On alterne donc entre des phases 100% action où les ennemis retors ou complètement kamikazes n’auront en tête que de vous massacrer, avec des périodes plus calmes ou vous pourrez profiter pleinement des paysages et fouiller des zones entières à la recherche de nouvelles armes ou de nouveaux pouvoirs. Ici rien de très original, mais une bonne diversité malgré tout, agrémentée d’un système d’amélioration très facile à gérer. La bande son, d’excellente facture, vient rythmer tout ça à la perfection et donne au jeu toute sa profondeur culturelle et son intensité. Qui n’a jamais rêvé de buter un boss « homme-corbeau » complètement timbré dans un patio luxuriant, entouré de statues et sous une musique de J.S. Bach ? Parlons un peu de l’I.A. Certains vont sûrement rester focalisés sur la naïveté des ennemis et leur manque de discernement lors de certaines phases de shoot. Je dois quand même souligner avoir rarement vu des mecs aussi déterminés à me flinguer dans un FPS, qui n’hésitent pas à se ruer vers moi au lieu de rester campés à attendre que je les dézingue. Comprenez bien qu’à Columbia c’est vous l’étranger, le gars que quasiment tout le monde déteste et veut défoncer… Les développeurs ont bien insisté sur cet aspect.

Image du jeu

Elizabeth

Il fallait bien un paragraphe entier dédié à celle qui pourrait rester une des icônes du jeu vidéo. Un tel niveau d’implication et un tel charisme pour un personnage a priori annexe a rarement été atteint. Elizabeth va vous accompagner pendant une bonne partie de votre aventure, et en faire partie intégrante, apportant ses compétences lorsque cela est nécessaire. Tous les dialogues entre elle et Dewitt sont insérés directement dans les phases de jeu, rajoutant à l’immersion. Son personnage vit littéralement l’aventure avec vous, évolue, souffre avec vous, vous aide lors de certaines tâches, mais tout cela de manière totalement indépendante. Elle ne nécessite aucune attention particulière, notamment lors des combats où elle gère toute seule sa protection. On est loin des IA habituelles qui ne servent à rien sinon à crever bêtement au moindre coup de feu ou qui vous collent sans cesse aux basques et vous bloquent le passage. On est ici avec un personnage qui pense par lui-même, qui agit de manière autonome et qui vit l’aventure pleinement à vos côtés. Après quelques heures, on a d’ailleurs du mal à s’imaginer jouer au jeu sans sa compagnie.

Image du jeu

Vous l’aurez compris, ce Bioshock Infinite est pour moi un véritable coup de cœur. Certains lui reprocheront sans doute sa linéarité ou son absence de rythme à certains moments. Je leur répondrai que c’est avant tout une histoire à vivre et à découvrir, un film dont vous êtes l’acteur et qui vous prendra aux tripes comme peu de jeux vidéos actuels parviennent à le faire.

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