Alki, Paru le 05/12/13

ArmA 3

Pour fêter le retour en grande pompe de actuculture, je me suis mis en tête de (re)venir vous parler du simulateur de bidasse le plus connu, dont la nouvelle mouture, est sortie à la fin de l'été après une phase d'alpha et bêta ouvertes de plusieurs mois. N'ayant pas joué aux précédents, je débarquais tel un nouveau né dans cette grande aventure aux relents de poudre.

Artwork

This is delta four-niner...

Bohemia interactive, le studio qui est responsable de ce simulateur de niche, a démarré la série avec Operation Flashpoint en 2001, à l'époque édité chez Codemasters. Puis, suite à une brouille entre le développeur et l'éditeur, Bohemia est parti et a enchaîné avec Armed Assault (ArmA) en 2006, vendue comme la « vraie » suite de Operation Flashpoint (contrairement à celle sortie en même temps par un studio affilié à Codemasters). ArmA 2, sorti en 2009, continuait l'exploitation du filon (inoccupé par la concurrence, avouons-le) du simulateur d'infanterie.

D'après les retours de l'époque et la réputation de Bohemia, la plupart de leurs jeux ont trois caractéristiques. Premièrement, des jeux qui sont toujours sortis bourrés de bugs, à la limite de la bêta pas finie. Régulièrement, les jeux n'étaient pas jouables « dans des conditions optimales » avant plusieurs mois de patches en tous genres. Mais ça amène à la deuxième caractéristique : un vrai suivi du poulain par Bohemia, traduit en actes par de nombreux patches, et surtout de nombreuses extensions. La troisième caractéristique, c'est un logiciel ouvert en grand pour les mods, mais j'y reviendrai plus tard.

Pour la petite histoire, vous n'avez peut-être pas entendu parler de ArmA 2, mais si vous suivez l'actualité vidéo-ludique, vous aurez certainement entendu parler de Day-Z, le jeu multijoueur (très peu) coopératif de survie dans un monde bourré de zombies. Day-Z a valu à son auteur d'être engagé (ce qui était courant au début des années 2000, comme pour le cas de Counter-Strike) puis promu à la tête du projet de stand-alone par Bohemia même.

Enfin, Bohemia est aussi responsable via l'un de ses studios de la série Virtual Battlefield (VBS) dont le troisème opus est en cours de développement. Réservé aux professionnels, ce « jeu » est une simulation militaire encore plus pointue et mise au point avec l'appui des US Marine Corps et d'autres forces armées qui l'utilisent depuis la sortie du premier en 2002. Donc rayon simulation de guerre et de combat armé moderne, Bohemia se pose un peu, là.

You have a tango in the A.O...

Bon, autant être clair, ArmA n'est pas destiné à tout le monde. N'est pas destiné à grand monde, d'ailleurs. Sans avoir de statistiques précises, je mettrais ma main au feu que 90% des joueurs sont des passionnés de culture militaire, le genre de mec qui connaît la totalité des tanks et des sous-versions qui ont été engagés en combat depuis 1945 ainsi que l'ensemble des terrains d'opérations liés. ArmA est un produit de niche. Faisant un peu partie de ces military nerds, j'ai toujours été attiré par cette série, n'osant jamais trop franchir le pas de peur d'être trop mauvais.

Seulement voilà, ArmA 3 est arrivé au début de l'année. Apparemment conscient de ses erreurs passées (jeux en kits sauvés par les patchs des joueurs), Bohemia avait décidé de frapper un grand coup en lançant leur jeu en alpha, l'air sûrs de leur coup, pour montrer au monde que le jeu serait prêt pour la sortie en septembre. Visiblement solides, l'alpha puis la bêta étaient apparemment bien mieux finies que leurs jeux précédents à leur sortie.

ArmA 3 est donc sorti le 12 septembre, avec une mauvaise surprise pour les gens qui l'ont acheté : pas de campagne solo. Moche. Celle-ci sortira sous la forme de 3 DLC gratuits (dont le premier, « Survive » est sorti le 31 octobre et le second est prévu pour ce mois de décembre 2013). Ce manque de contenu solo a d'ailleurs plombé grand nombre de critiques de la presse professionnelle. En effet, l'aspect graphique et le moteur ainsi que la partie multijoueur ayant déjà été analysés dans les grandes largeurs lors de la bêta, le contenu solo était la seule inconnue ; elle l'est même restée après la sortie officielle...

Alpha to charlie, APC on your six. Distance : about a click, E.T.A 1 mike.

Bon, ce tiers de campagne solo, il vaut quoi ? Commençons par situer l'histoire. ArmA 3, comme ses prédécesseurs, a son propre terrain de jeu. En l'occurrence, deux îles méditerranéennes faisant un peu penser aux îles grecques (en réalité, ce sont des îles grecques, dont l'île de Lemnos, mais suite à l'arrestation pour espionnage de sites militaires de deux employés - libérés mais en attente de procès - de Bohemia apparemment en repérage, le studio a changé les noms des îles). Nous sommes en 2030, et suite à ce qui semble être une énième guerre dans les balkans, un détachement de l'OTAN est sur place pour maintenir la paix.

Mais, suite à des tensions, la faction armée de l'état souverain des deux îles attaque les forces de l'OTAN avec l'appui d'une autre faction qui est une alliance des nouvelles puissances émergentes. Sous le coup de la surprise, les forces de l'OTAN sont décimées, et vous, le Caporal Kerry - USA all the way -, devez « survivre ». Commence alors le grand jeu de la recherche de forces alliées survivantes, regroupement et contre-attaque à petite échelle. Tous les coups sont permis, et vous aurez bien évidemment accès à un maximum d'arsenal (tanks, hélicos, sous-marins de poche, voitures, camions, etc...). Tout est question de comment l'utiliser.

Les DLC suivants (nommés respectivement Adapt et Win) devraient donc représenter la vraie contre-attaque de l'OTAN et de ce que j'imagine la victoire finale. Ouais, j'ai un Master divination avec mention assez bien. Donc, comme prévu, cette campagne solo est anecdotique. J'ai fini le premier DLC une petite dizaine d'heures, en étant une chèvre finie (ouais, le concept une balle un mort joué en tirant 90% du temps à côté et en étant toujours un peu à découvert aide pas) et en prenant mon temps. Cependant, elle m'a permis, accompagnée des nombreux tutoriels situationnels (infanterie simple, assaut appuyé, chars, hélicoptères, etc...), de commencer à maîtriser ne serait-ce que les contrôles et la base du gameplay. Et c'est de fait tout ce que je lui demandais.

We got a K.I.A, need support to engage enemy forces !

Parce que oui, le seul intérêt de ce jeu, c'est le multijoueurs. C'est la communauté du jeu qui le fait vivre, qui l'améliore et qui en fait ce qu'il est. Il n'y a qu'à regarder la liste de vidéos de « missions » de groupes complètes sur Youtube pour s'en convaincre. Bohemia a pour habitude de laisser un éditeur de missions (le multijoueur a d'ailleurs accès aux deux îles, contrairement à la campagne) très complet, ce qui permet aux joueurs de créer leur propre univers. Si je devais caractériser ce jeu en un mot, c'est « roleplay ». Ce que l'on pense souvent cantonné au jeux de heroic-fantasy s'applique parfaitement à ce jeu.

Par la création de nombreux mods, missions, et autres améliorations de gameplay disponibles gratuitement online, la communauté pallie (si besoin est) mais surtout améliore par petites touches l'ensemble du jeu. Il existe de très nombreux forums de teams accueillant même de grosses tanches comme moi pour peu que l'on se donne la peine de chercher et que l'on accepte de jouer le jeu de façon réaliste.

Pour vous donner une idée, il existe un mod qui permet aux joueurs en team qui jouent avec un support de Voice over IP (celui du jeu, TS ou Mumble) de poser un filtre sur la voix pour la faire sonner comme dans une radio militaire (genre talkie-walkie). Et ce n'est qu'un mod. Il en existe des milliers, et pour la plupart depuis ArmA 2. Les développeurs en herbe sont donc rodés et mettent leur travail à jour régulièrement comme souvent dans ce genre de communauté acharnée.

Tango down ! Set perimeter defenses and wait for further orders, over.

Pour conclure, il convient de redire que ce jeu n'est pas à mettre dans toutes les mains. Pas tellement pour la violence, mais plus pour le découragement qui pourrait survenir pour quelqu'un qui n'est pas assez passionné pour s'accrocher. En gros, si Battlefield 3 (ou 4, c'est la même chose) est une simulation pour vous, laissez-tomber. À des antipodes d'un Call of Duty sous auto-aim, ArmA 3 se veut dur, un peu inaccessible, mais veut que vous engagiez à y jouer comme il est prévu.

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