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Alki, le 28/06/2012

Mass Effect 3, le retour de la fin

Alors ça y est, Bioware a enfin sorti son DLC sensé apaiser les foules, clarifier la (ou plutôt les) fins qui étaient, admettons le, obscures. Vous ayant détaillé mon expérience personnelle en mars, je me devais de vous faire un point sur cette arrivée admettons le tardive, mais qui a le mérite de montrer que Bioware tient à sa clientèle, en assurant un service après-vente gratuit et clair.

Marchandises Bio

En même temps, avec tous les couacs dont a fait preuve EA sur la sortie du jeu en Mars (dont, je le rappelle, un DLC avec du contenu essentiel et payant disponible le jour de la sortie…), il valait mieux faire profil bas. Car oui, encore une fois, ce jeu a créé de sacrés problèmes à l’image de l’entreprise pourtant renommée qu’est Bioware. Multijoueur inintéressant et inutile, fin en bois, qualités scénaristiques et de dialogue en baisse, choix trop manichéens, transformation de la franchise entre le 1er et le 3e du gameplay, passant d’un RPG de grande classe à un TPS (Third Person Shooter) boum-boum-paf-paf.

À mon sens, la tragédie de cette franchise vient du fait que le premier opus a posé les bases d’un futur très grand nom de la SF, avec en prime une réelle liberté de choix / prise de position. Et quand Bioware (sous pression d’EA, quand même) a décidé de viser un public plus large en passant à un système plus d’action / aventure, tous les fans de la série en devenir ont immédiatement crié au scandale. Ce jeu, dans les mains de n’importe quel autre studio et sous le nom de n’importe quelle franchise à la Tomb Raider ou Uncharted, aurait été unanimement reconnu comme le plus grand de la catégorie.

Mais voilà, quand on s’appelle Bioware, qu’on a un CV qui comporte des noms comme Baldur’s Gate, Star Wars KOTOR ou encore les Neverwinter Nights, et qu’on a des fanboys psychorigides (dont je fais partie, hein), partir sur ce chemin est à peu près pertinent que demander à Michael Bay de faire une ré-interprétation de la période allemande de Fritz Lang. Bref, une absurdité. Mais je ne suis pas (re)venu pour vous parler de ça.

Dis, si jamais tu repasses dans les systèmes terminus…

« Mais alors, me direz-vous, pourquoi cet imbécile nous boursouffle-t-il le cortex avec un sujet qui le préoccupe encore moins que nous ? », pour citer ce grand Monsieur qu’était Desproges (qui n’a d’ailleurs aucun rapport avec cet article ou le jeu). Je tenais juste à préciser un peu mon point de vue quant à la sortie assez catastrophique du jeu, et sur le bashing un peu inutile et malsain que subit Bioware depuis lors. Mais mon objectif ici, encore une fois, c’est de parler de ce DLC qui modifie légèrement les fins afin de les clarifier.

Tout d’abord, je précise que ce qui va suivre contient des HEAVY SPOILERS. Lisez donc la suite en votre âme et conscience. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai attendu avant d’écrire un autre article à ce sujet : trois mois, ça permettait aux gens qui voulaient l’acheter de le finir, et ça laissait le temps à Bioware de sortir le DLC gratuit.

…tu peux me choper un peu de théorie du complot ?

Avant de passer au DLC, j’aimerais vous parler de quelque chose qui existe depuis un moment, à savoir environ deux semaines après la sortie du jeu. Comme je l’avais expliqué, la fin telle qu’elle était présentée avait déçu pas mal de monde. Pour me citer : « Telle qu'elle est proposée, la fin est une trahison pour les fidèles de la saga, puisqu'elle clôt en 10 minutes et de façon un peu dégueulasse près de 130 heures de jeu dans un univers magique et des batailles épiques ». Et dans ce groupe de joueurs déçus, un petit nombre a commencé à parler d’une théorie un peu folle, mais étayée par des arguments…attirants.

Cette théorie, appelée « Indoctrination theory », part d’un postulat tout simple : les vingt dernières minutes sont tout simplement un rêve, ou tout du moins une vaste hallucination du personnage principal, le commandant Shepard, qui n’est finalement que votre avatar, et votre moyen d’interagir avec le monde de Mass Effect. Vous le façonnez à votre image, choisissant la voie qui vous correspond le mieux. Si vous avez un peu de temps à perdre, essayez de regarder cette vidéo :

Si vous encore plus de temps, vous pouvez aussi regarder celle là :

Et là où cette théorie tue les mouches en vol à mains nues, c’est qu’au final, vous vous rendez compte que celui qui est endoctriné, via Shepard, n’est autre que vous, le joueur. En repensant à ma première partie et mon choix de fin, après avoir vu ça, m’a permis de me rendre compte que je me suis fait complètement avoir, et donc endoctriner, par Bioware. N’est-ce pas génial, ça ? Si la théorie était confirmée par le DLC, ça ferait de Mass Effect le space opéra avec le twist scénaristique le plus incroyable de l’histoire de la SF, au-delà du twist incestueux de Star Wars (parce que oui, sans le « je suis ton père », Luke continuerait de se taper sa sœur hein).

All aboooooard !

Donc du coup, enfin, hier, Bioware a sorti son DLC « extended cut » de 2Go, quand même. Comme l’avait promis Bioware, aucun grand changement, que des nouvelles vidéos, quelques explications qui viennent combler les trous scénaristiques. Bon, je vais pas tourner autour du pot : en gros, en reprenant votre partie à partir de la fin sur la citadelle, vous pouvez accéder à trois nouvelles fins, une par choix, et une nouvelle fin tout court, nommée « refusal ending ».

Si vous ne voulez pas vous retaper 20 minutes de cinématiques interactives que vous avez déjà vues plusieurs fois pour un peu tout essayé, je peux vous proposer ces vidéos en anglais qui partent avec le maximum de ressources (ce qui change la fin, je vous rappelle, donc ici, c’est les versions les plus proches de la meilleure solution).

La fin option contrôle :

La fin option synthèse :

La fin option destruction :

Et, enfin, la nouveauté, la fin « refus » :

Voilà voilà, Mass Effect 3 est donc bel et bien fini. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que Bioware a décidé de balayer de la main la théorie de l’endoctrination offerte par les joueurs, qui leur donnait pourtant l’alibi parfait pour la fin confuse…

Et vous savez quoi ? Personnellement, je choisis de les ignorer complètement. Ces fins, réclamées à cor et à cris par les fanboys déçus, me semblent au final, inutiles. C’est un peu idiot à dire, mais le fait de m’être retrouvé comme un con après avoir découvert ces versions complotistes m’a fait tellement plaisir…c’était indescriptible. J’avais choisi la fin synthétique, et je m’étais complètement fait endoctriner, si on suit la logique de la théorie.

Bref, ces fins peuvent vous combler, si vous considérez que l’endoctrinement est du vent, ce qui est au final tout à fait raisonnable. Mais ces vidéos, dans ce cas, auraient dû être dans le jeu à sa sortie. Personnellement, le jeu était terminé le 6 mars, et était très bien (après analyse, certes) comme ça.

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