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Alki, le 18/06/2012

Un p'tit condensé d'E3 2012 ?

Un E3, c'est relativement toujours la même chose : l'annonce des 73 suites « surprise » des licences (CoD Black Ops, Splinter Cell, Assassin's Creed et j'en passe), des annonces pas très très sexy et/ou déjà connues, et, en général, une ou deux gifles qui placent les attentes des joueurs souvent trop haut par rapport au rendu final. Cette mouture a donc parfaitement respecté le contrat, puisqu'elle nous a proposé tout ça de façon presque scrupuleuse. J'ai tout de même retenu mon attention sur trois projets plus attractifs que d'autres, et je vais tenter de vous expliquer pourquoi ici.

George Orwell, nous voilà

La grosse surprise de cet E3 (et c'est d'autant plus une surprise que le jeu est en fait développé depuis plus de deux ans, dans le secret absolu, ce qui est une réelle performance dans le monde vidéo-ludique aujourd'hui), et dont vous avez certainement déjà entendu parler, c'est évidemment « Watch dogs », développé par Ubisoft Montréal, qui est, et c'est le moins qu'on puisse dire, un projet ambitieux. Jugez plutôt : à la croisée de jeux comme Hitman, GTA ou encore Deus Ex, Watch dogs a le mérite de tenter quelque chose qui n'avait pas vraiment été envisagé jusque là, ou plutôt si, mais pas réalisé par peur de prise de risque d'éditeurs, certainement.

Donc, WD, qu'est-ce que c'est ? C'est l'histoire d'Eden Pierce, un héros dont on ne sait pour l'instant pas grand chose, qui est un hacker que l'on envoie accomplir des missions, dans un esprit de «vigilante » (un homme qui remplit le rôle de la justice quand celle-ci a échoué). Comme pour le personnage, on ne sait pas vraiment quels sont ses motifs, son histoire, ses envies, mais on sait qu'il est visiblement un tueur professionnel, et que les gunfights seront monnaie courante. L'histoire se déroule de nos jours à Chicago , et Eden est un surdoué du hacking (ou utilise les outils d'un surdoué de l'informatique, tout du moins), qui se balade avec un smartphone qui lui permet d'accéder à tous les systèmes informatisés aux alentours : feux de route, téléphones, système de contrôle de train, tout est possible, et permettent d'autant plus de façons d'imaginer son chemin au travers d'une mission.

Si l'on est partis pour avoir un jeu d'une très grande qualité techniquement, le gameplay interpelle un peu plus : en plus des diverses voies disponibles pour accomplir une mission, le jeu propose un monde ouvert et vivant à la GTA. En effet, les voitures seront « réquisitionables », et on pourra manifestement se balader dans Chicago avec un terrain de jeu immense pour paraphraser les développeurs. Comme dit plus haut, ce jeu sera une sorte de cross-over entre différents styles de jeux sans pour autant être réduit à cela.

Les nouveaux chiens de garde ?

Même si on ne sait pas encore comment le scénario envisage de parler de cette « sur-informatisation » (excusez le néologisme), on sait que Ubisoft Montréal est parti de la coupure d'électricité de New-York en 2003, qui serait dûe à une attaque virale (voir la vidéo trailer). De fait, le jeu implémente dans le scénario un ordinateur central qui contrôle l'ensemble des besoins de la ville (canalisations, signalisation, métros, trains...), et c'est ça que Eden hacke pour avoir accès à tous ces systèmes opérationnels. Ubisoft Montréal a de plus clairement fait un choix d'univers sombre, adulte, plus responsabilisant qu'un GTA où l'on vadrouille en ville sans pour autant prendre réellement conscience de ses actes criminels.

Le jeu a le mérite d'aborder un sujet sensible et intéressant : en effet, il est, à ma connaissance, le premier jeu qui par du postulat que toute personne un peu informée sur le hacking connaît : rien, absolument rien n'est imperméable. Toute serrure a sa clef, officielle ou non. On ressent aussi l'influence de « 1984 » dans l'idée globale du jeu. Dans un monde sur-connecté qu'est le nôtre, l'information n'a jamais été aussi sensible, tout en étant paradoxalement aussi accessible. Bref, je m'abstiendrai de partir dans un débat aujourd'hui, alors que le jeu n'est prévu qu' au cours de l'année 2013, mais cette présentation promet du bon.

Déshonoré, vraiment ?

Mon deuxième coup de cœur n'est pas vraiment une nouveauté de cet E3, il s'agit de Dishonored, un jeu développé par Arkane, le studio lyonnais racheté en 2010 par Bethesda Softworks. Arkane n'en est pas à son coup d'essai, ayant au palmarès l'excellent Arx fatalis sorti en 2003, un dungeon crawler old-school qui avait eu son succès critique à l'époque, ou encore le surprenant Dark messiah of might and magic en 2006. Un studio, qui, un peu comme pour WD, a de l'ambition, en témoigne ce projet de « The crossing » qui ne verra finalement jamais le jour.

Arkane studios, pour Dishonored, grâce au rachat par Bethesda, a mis les moyens pour ses ambitions : ils ont recruté Harvey Smith, connu pour ses boulots de Lead Designer sur Deus Ex et la série Thief, et Viktor Antonov, le monsieur « City 17 » du Half-life 2, excusez du peu. Sans oublier, évidemment, les équipes qui ont produit les précédents jeux de la boîte, dont le co-fondateur et Lead Designer Raphaël Colantonio. Bref, du beau monde pour un projet qui part sur de bonnes bases.

Dishonored, c'est un jeu qui prend place dans une uchronie steampunk, dans une sorte d'Angleterre victorienne, ou le héros, Corvo Atano, ancien légendaire garde du corps de l'impératrice est accusé du meurtre de celle-ci. Dans une modeste ville portuaire nommée Dunwall, les citoyens font face à deux menaces pour le moins sérieuses : une épidémie meurtrière façon Peste noire XIIIe siècle, et un empire dictatorial n'ayant rien à envier aux belles années Staliniennes.

Steampunk et Magie sont dans un bateau...

...et aucun ne tombe à l'eau. En effet, le maître d'armes dont vous prendrez le contrôle aura à sa palette d'actions tout un tas de maîtrises magiques vous permettant d'alterner action et infiltration. Bullet Time, explosion, propulsion, renvoi de sorts, rien ne sera de trop afin que votre assassin puisse vaincre ces armées victoriennes (dont les unités sur échasses armées d'arcs magiques rappellent les Striders de Half-life 2).

Vous aurez bien évidemment accès à tout l'arsenal classique d'un assassin de l'ère victorienne, à savoir dague, épée, armes à feu...bref, des armes steampunk dans un univers steampunk. Ce choix artistique délibéré d'uchronisme me plaît personnellement énormément, car j'ai toujours été attiré par cette littérature revisitant l'Angleterre de la fin du XIXe.

Mais visiblement, ces pouvoirs que vous obtenez ne sont pas donnés innocemment par votre « bienfaiteur »...Encore une fois, le scénario n'est clairement pas indiqué pour du moins de 18 ans. Tout semble très sombre, de l'histoire à l'univers, et je doute de voir un happy-ending.

Bref, ce jeu est à garder à l'oeil, pour des raisons évidentes à mes yeux, telles que une position de direction artistique risquée et pour l'instant magnifique, un gameplay un peu différent de ce qu'on peut voir habituellement, tout en restant très connu, finalement, et un scénario qui peut promettre quelques twists intéressants. Seule ombre au tableau dont la révélation vient d'être faite, le jeu durerait entre 12 et 24 heures, ce qui reste assez faible pour du solo. Mais qui ne risque rien n'a rien, et on verra en octobre si toutes ces bonnes dispositions ont eu raison d'attirer la curiosité des observateurs.

En avant, les sports motorisés !

Ma dernière surprise est un jeu Xbox, bien que je n'en ai pas, mais qui pour une fois, me la fait regretter. Forza Horizon est la nouvelle mouture de la série Forza Motorsport, réputée pour être le Gran Turismo de la console Microsoft. Mais si elle ne s'appelle pas Forza Motorsport 5, il y a une raison : ça n'aura rien à voir avec ses grandes sœurs. En effet, FH se rapprochera beaucoup plus de Test Drive Unlimited que du grand sacro-saint GT. Et ça n'est pas vraiment pour me déplaire.

En effet, et je suis parfaitement conscient de ce que mes prochains mots impliquent, c'est à dire de me faire haïr par 99% de la communauté des joueurs consoleux, j'ai toujours craché sur GT et FM, parce qu'à mes yeux, passer 4 heures sur un circuit à suivre une ligne tracée au sol pour gagner 4 millièmes et gagner son permis "Y" est inintéressant. Ce que je veux dire, c'est que j'ai jamais trouvé fun de jouer à Gran Turismo, et aux ersatz, parce que pour moi, jouer aux jeux de voiture, ça sous-entend pouvoir faire ce que je ne peux justement pas faire dans le monde réel, à savoir, faire le con sur route ouverte, et pas prendre une voiture et faire des tours de circuit. C'est un parti pris, et ça n'engage que moi, ceci dit. Je respecte les GT-like pour leur perfection visuelle, aboutissement en terme de simulation automobile, et autres raisons qui ont fait le succès de ces séries. C'est juste que ce n'est pas ce que moi, je cherche.

D'où mon intérêt pour ce renouveau complètement arcade qu'est Forza Horizon. Le jeu reprend le principe de Test Drive Unlimited, comme je le disais précédemment : TDU est un jeu sur route ouverte, avec possibilité de passer en mode MMO (et de jouer en solo, bien entendu, sauf que des PNJ remplacent les joueurs que vous pourriez croiser en multijoueurs), avec une « carrière » progressive jouant sur plusieurs terrains, comme les rallyes 4x4 et les courses sur route, vous obligeant à acheter de nouveaux véhicules régulièrement. Dans le dernier TDU, les développeurs avaient reproduit fidèlement les îles de Majorque et de Hawaï, ce qui laisse de la route à explorer. De plus, comme rien ne vous oblige à concourir, vous pouvez acheter des maisons, des garages, des voitures en allant dans les concessions, vous balader dans vos acquisitions, ou bien aller rejoindre le lieu de départ des courses. Un monde ouvert à la GTA, les phases à pied en moins.

Vers l'horizon et l'au-delà ?

Dans FH, il n'y aura pas d'île extrêmement touristique de reproduite, mais un mini État du Colorado, ce qui n'est déjà pas mal. La liste de voitures annoncées approche la cinquantaine, proposant de tout (des classiques, des protos, des rallycars) avec un éventail de marques relativement large (si vous voulez une liste exhaustive, suivez ce lien et descendez un peu : http://forums.forzamotorsport.net/forums/thread/5476984.aspx). Les devs promettent de l'upgrade sur les voitures, et une customisation plutôt classique, en restant dans le sobre, à première vue.

Les modes de jeu qui ont été évoqués n'ont rien d'extraordinaire, les classiques duels, contre-la-montre, course sur route ouverte sont évidemment présents. La réalisation a l'air correcte, le jeu a l'air très arcade, mais c'est le lot du genre. Le cycle jour/nuit fait plaisir, et les radios ont l'air d'être de la partie et basées sur des genres musicaux, renforçant l'immersion, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Je ne suis pas un joueur de console, et je doute m'en acheter une aujourd'hui, pas longtemps avant les nouvelles générations. Ceci dit, des nouvelles concernant le jeu sortiront au cours de l'été, et la date de sortie serait aux alentour de la fin octobre 2012. Et puis bon, ça ne coûte rien de garder ça sous le coude, au cas où un pote vend sa boîte X à prix préférentiel.

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