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Alki, le 21/05/2012

Test Diablo 3

12 ans d’attente, environ 2 000 000 millions de préventes, dont 800 000 rien qu’aux Etats-Unis, battant ainsi tous les records de préventes existants, une communauté qui trépigne d’impatience depuis le premier trailer dévoilé voilà quatre ans…Vous l’aurez compris, Diablo 3 n’est pas exactement un jeu comme les autres. Développé par l’un des studios les plus couronnés de succès de l’histoire du jeu vidéo pc, le troisième épisode de la saga du maître des enfers était…attendu.

Voyage au bout de l’enfer

Références absolues du Hack & Slash, les deux premiers épisodes sont respectivement sortis en 1997 et 2000. Pour vous donner une idée, à l’instar de Starcraft juste avant la sortie du 2, Diablo 2 avait encore des serveurs opérationnels et des joueurs réguliers en début d’année. Si, dans le premier, l’on incarnait un héros qui abattait pour la première fois le “Prime Evil”, et sombrait dans la folie par la suite, le deuxième opus faisait intervenir plus de personnages afin de soutenir le héros dans sa quête. Le héros du premier jeu étant manipulé par Diablo, on se mettait à sa poursuite dans le but évident d’empêcher le vilain de revenir. Après avoir vaincu les frangins Méphisto (Lord of Hatred) et Diablo (Lord of Terror, considéré comme le chef du groupe) dans le 2, l’addon Lord of Destruction nous proposait de tuer le dernier, Baal, qui était en train de corrompre la Pierre Monde.

Diablo 3 se joue 20 ans après la mort des 3 Prime Evils. Deckard Cain continue encore et toujours ses recherches sur la "prophétisation" du retour du mal, travaillant dans la chapelle de tristram, avec sa nièce Leah. Une météorite tombe sur ladite chapelle, et c’est reparti, les morts vivants s’agitent dans tous les sens. Et comme par hasard, vous passiez dans le coin, et vous vous mettez en tête d’enquêter sur le sujet.

Muscles ou cerveau, mais toujours avec honneur

Vous voilà donc à Tristram, la ville où tout a commencé. Avec quel personnage ? Ce choix vous appartient ! Diablo 3 propose 5 classes : Barbare, Moine, Chasseur de démons, Sorcier et Féticheur. Si les trois premiers sont des spécialistes des dégâts physiques, les deux derniers sont de façon logique des magiciens. Chaque classe a ses spécificités, mais toutes sont complémentaires. Car oui, Diablo 3, est, et restera avant tout un jeu multi-joueurs, mais j’y reviendrai plus tard.

Le Barbare et le Moine sont des classes assez similaires, car les deux se jouent soit en tank (avec un rôle de protection du groupe, en prenant les baffes pour les camarades en tissu derrière), soit en dps (exactement l’inverse, faire du dégât, et tant pis pour les autres). Les trois autres classes se jouent uniquement en dps, pour le coup, et toutes trois se jouent à distance.

Pour la personnalisation, Diablo 3 propose pour la première fois de choisir le sexe de son personnage. Mais ca s’arrête là, puisque leur apparence physique est prédéterminée. Mais rassurez vous, vous aurez tout le loisir d’avoir un personnage unique. En effet, et c’est l’une des choses que je vous conseille de régler au plus vite, le jeu est par défaut en mode “user-friendly“ : les sorts sont liés à telle ou telle touche, les explications des sorts développées au minimum…Mais vous pouvez tout changer en faisant un petit tour dans “Options / Jeu”. Et c’est même obligatoire si vous voulez réussir à terminer ne serait-ce que le niveau normal.

Au final, chaque classe dispose d’une petite trentaine de sorts, avec 6 runes de personnalisation prédéterminée par sort que vous débloquerez à chaque niveau, ce qui fait environ 180 possibilités par classe, près de 1000 au total.

Highway to hell

Bien, alors, comment se déroule cette petite balade pédestre en terrain hostile ? Doucement pour commencer : le jeu propose 4 niveaux de difficulté, qui se débloquent qu’une fois le niveau précédent est terminé (terminer le jeu en Normal débloque le Cauchemar, terminer le Cauchemar débloque l’Enfer, et finir celui là permet d’accéder à Apocalypse). La courbe de progression n’est pas franchement linéaire rapportée aux modes de jeu, mais en termes réels, Blizzard s’est débrouillé pour que les niveaux soient toujours plus ou moins aussi longs. Pour vous donner une idée, on termine en normal aux alentours du niveau 30, puis on finit le mode cauchemar aux alentours du 50, sachant que le niveau maximum est 60.

Il existe un autre mode de jeu que je qualifierai de…masochiste : le mode extrême (ce n’est pas un niveau de difficulté, les niveaux Normal / Cauchemar / Enfer / Apocalypse s’y font de la même manière), qui permet d’avoir accès à des objets plus puissants, mais qui en contrepartie ne vous autorise strictement aucune mort. Oui, vous avez bien lu, jouer en mode extrême empêche le joueur de mourir ne serait-ce qu’une fois, puisque l’obligeant pour le coup à tout recommencer du début. Mais ce mode là est très spécial : là où tous les personnages d’un compte sont liés par une seule banque, la même fortune et le même hôtel des ventes (dont je reparlerai plus loin), les personnages du mode extrême en sont séparés.

Et mourir, croyez moi, vous allez connaître. S’il est tout à fait possible de finir les deux premiers niveaux sans mourir, ca devient beaucoup moins réalisable à partir du mode Enfer. Et c’est là, évidemment, que rentre en jeu tout l’intérêt du multi-joueurs.

Plus on est de fous, moins y’a de gris

Comme je le disais précédemment, Diablo reste avant tout un jeu multi-joueurs. Là encore, jouer seul pendant les deux premiers niveaux est parfaitement faisable. Mais vous avez tout intérêt à vous trouver des copains voulant perdre du temps à chercher du pixel avec vous.

Je m’explique : contrairement aux épisodes précédents, le butin (le loot, pour les initiés) est individuel. Il est donc différent pour chaque personnage dans la partie. Imaginons, vous tuez un boss en jouant seul, et ce dernier “loot” 1 objet rare et deux supérieurs pour votre barbare. La même situation à deux ? Statistiquement de fortes chances qu’il donne autant d’objets à votre collègue, soient 6 objets au total. Sachant qu’on peut jouer jusqu’à 4 au maximum, la probabilité d’obtenir un objet vous intéressant est beaucoup plus élevée qu’en solo.

Et ce raisonnement s’applique aussi à l’artisanat : sachant que produire des objets par la forge est toujours très cher et très aléatoire, puisque ses statistiques sont aléatoires, forger des items à plusieurs vous permet d’obtenir plus facilement des objets qui vous sont adaptés.

Mais objectivement, tout effort en termes d’artisanat (qui coûte vraiment du temps à monter, croyez moi) s’estompe à partir du moment où vous découvrez l’hôtel des ventes. Disponible à tout moment sur la page de connexion, il vous permet d’acheter ce que les autres joueurs ont trouvé, et bien évidemment, d’y vendre vos objets de la même façon. Disponible dans deux monnaies, l’or du jeu ou votre argent réel (ce que je trouve passablement dangereux et malsain, personnellement), et donc dans 4 versions hermétiques les unes des autres (Normal or / euro, Extrême or / euro), il offre la possibilité aux joueurs de chercher du matériel pas cher histoire d’avoir moins de difficultés à monter en niveau, ou bien de se trouver une pièce de ce super set légendaire.

Et comme il n’y pas de système de “link” des objets à un personnage, vous pouvez très bien la revendre une fois que vous avez mieux. C’est pas génial, ca ?

Une baisse de productivité est à craindre dans l’ensemble des pays du globe

Innovateur tout en étant très similaire au précédent, équilibré, joli mais pas gourmand, addictif, jouable en petit comité, fun et proposant une difficulté réellement croissante, Diablo 3 est le digne successeur de la lignée. En rendant le jeu accessible aux joueurs Casual et se tournant également vers les Hardcore, Blizzard, une fois de plus, démontre son savoir faire en terme de jeux vidéo.

Le seul vrai reproche que je puisse faire serait cet hôtel des ventes en argent réel qui me paraît dangereux, poussant les joueurs un peu acharnés à sortir le portefeuille assez facilement…Les joueurs pourront donc se faire de l’argent via un jeu vidéo, ce qui ne manquera certainement pas de devenir une norme dans l’industrie si cela fonctionne, puisque Blizzard touchera une commission fixe de 1 euro par objet plus une commission en fonction du prix de l’objet. Bref, j’espère sincèrement que ca ne fonctionnera pas, même si j’en doute.

Au final, ce jeu mérite amplement son succès, et ce malgré les quelques ratés au lancement. Si vous ne l’avez pas encore acheté et que vous hésitiez, vous pouvez y aller les yeux fermés, même si vous n’avez jamais joué à un Hack & Slash auparavant.

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