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Alki le 29/12/2011

Assassin's Creed : Revelations

Pour une fois qu'il est sorti avant mars sur PC, après être sorti comme chaque année en novembre sur les consoles, j'ai pu tester le nouvel épisode de cette passionnante saga. Alors voilà, le triptyque avec Ezio Auditore est terminé. Ça y est, enfin, on va tout savoir, c'est carrément écrit sur la boîte, ça s'appelle Revelations, c'est bon, tout sera clair à la fin ! Eh bah, non. J'dois dire que de l'histoire des grosses productions dans le monde du jeu vidéo, rarement un blockbuster aura aussi mal porté son nom...

C'est l'histoire d'un mec, ou de trois, j'sais plus…

Revelations, c'était la promesse de comprendre enfin l'univers tordu de Assassin's Creed, entre l'animus, les Assassins, les Templiers, le Peuple originel dont on apprend l'existence dans le 2, au travers d'un jeu plus partagé entre les trois grands personnages de l'histoire, à savoir Altaïr Ibn-La'Ahad, Ezio Auditore da Firenze et Desmond Miles.

Et bien, objectivement, côté révélations, le menu est fabuleux : tapis de Rien en entrée, poêlée de Vide et sa salade d'Oublis en plat principal, et la fameuse glace aux sorbets d'Absences et de Confusion pour terminer. Et tout ce que je peux vous dire, c'est qu'on reste sur sa faim. Au final, encore une fois après avoir fini un AC, on se pose plus de questions qu'avant. Deux fois, ça passe, mais trois fois d'affilée, ça commence à gonfler...
J’exagère, mais pour épisode qu'on nous vendait comme celui qui justifiait les deux autres, et surtout avec un nom pareil, y'a de quoi se sentir floué. En termes de script, on en apprend vraiment trop peu pour se sentir satisfait.

Cependant, Constantinople est magnifique, comme l'étaient Florence, Venise ou encore Rome auparavant. Encore une fois, on sent un travail énorme de documentalistes, et on se croirait vraiment dans cette nouvelle Instanbul (le jeu se déroule en 1511 et 1512, la ville est tombée aux mains des Ottomans en 1453) qui se développe dans son nouvel empire. La ville est vivante, et si le thriller dont on est l'acteur principal se fond à merveille dans cet environnement fourmillant, c'est un réel bonheur de courir et ou de grimper dans cette cité millénaire au carrefour des civilisations.

Simulateur de vieux

Côté réalisation, j'dois dire que ça tourne bien. On sent que les mecs de chez Ubisoft maîtrisent leur bébé. Mais bon, on voit aussi que le moteur commence à peiner : bugs de physique parfois assez gênants et textures assez régulièrement dégueulasses viennent souvent pourrir l'expérience vidéo-ludique. Mais dans l'ensemble, ça se tient relativement bien. A noter, une fois de plus, l'excellente BO.

Au niveau du Gameplay, il y a quelques ajouts dans le jeu, et parfois de vraies bonnes idées, comme la lame-crochet ou encore ces séances où l'on joue les maîtres et l'on apprend le métier à ses recrues via des missions bien foutues. Il y a aussi d'autres nouveautés, à l'instar de ces défenses de quartiers en mode Tower Defence, mais c'est pas trop réussi à mes yeux.
Et puis il y a aussi de très mauvaises inspirations, comme ces espèces de puzzles interactifs où l'on navigue dans les souvenirs de Desmond, mais où l'on est tellement concentrés à ne pas tomber et faire de faux pas qu'on y prend aucun plaisir. Rien à voir avec de la plate-forme pur jus comme les tombeaux (ceux qui ont joué aux précédents sauront de quoi je parle), mais vraiment une espèce de trip psyché sans trop le moindre sens, long, chiant et inutile. Il faut aussi rajouter les séquences où l'on joue Altaïr vieux, et jouer personnage de jeu d'action qui a plus de 80 ans, ça n'a aucun intérêt.

AC2 version 1.2

Mais surtout, surtout, le vrai poids de ce jeu, c'est d'être le troisième de son triptyque. En effet, tout le long du jeu, on aura cette très désagréable impression de rien voir de nouveau. Et pour cause, y'a rien de nouveau. Le jeu en lui-même est très bien, mais quand on est comme moi, et qu'on a beaucoup joué aux précédents, bah on a le sentiment de s'être fait voler 50 euros pour jouer à un patch 1.2 de Assassin's Creed 2.

Tous ceux qui n'ont jamais joué à Assassin's Creed, allez-y, vous prendrez votre pied. Pour les autres, attendez un an, vous l'aurez pour 15 euros, et il vaudra enfin son prix. Il est temps que les gars de Ubi renouvellent leur concept, et gageons que le nouveau cycle envisagé dans la suite ira dans ce sens. Qu'ils soient prévenus, si la franchise a actuellement une excellente image, je doute qu'un autre épisode de cette facture soit bien accueilli par les joueurs. Un exemple très récent avec Modern Warfare 3, qui vient de prouver aux éditeurs, s'il le fallait, que prendre les joueurs pour des vaches à lait, n' allait pas dans leur sens.

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