JB, le 19/02/2012

J. Edgar

En 1935, John Edgar Hoover fondait ce qui allait probablement devenir l’agence anti-criminalité la plus célèbre au monde : le Federal Bureau of Investigation (FBI), duquel il sera président pendant plus de 35 ans. Durant la prohibition, ce bureau participa à l’arrestation de criminels parmi les plus célèbres, tels que John Dillinger, Alvin Karpis ou Machine Gun Kelly. Puis il joua un rôle crucial dans l’arrestation de saboteurs et d’espions lors de la Seconde Guerre Mondiale et le Guerre Froide. L’empreinte qu’a laissée Hoover est telle qu’aujourd’hui le bâtiment abritant le siège du FBI à Washington porte son nom…

… et que Clint Eastwood décida cette année de raconter les traits marquants de sa vie dans son dernier film : J. Edgar. L’histoire est évidemment rapide à résumer : il s’agit tout bonnement d’une biographie de Hoover, non linéaire puisqu’alternent des phases au présent (à la fin de la vie de Hoover, lorsque celui-ci dicte ses mémoires à ses assistants) avec des moments marquants de la vie passée du narrateur. On revit donc les débuts chaotiques du bureau, et l’affaire du bébé Lindbergh, son premier véritable succès, qui changea radicalement la perception qu’avait le public de ce FBI. Ces passages historiques sont entrecoupés par des incursions dans la vie privée d’Hoover, sa relation fusionnelle avec sa mère, et sa prétendue homosexualité.

Le premier constat qui s’impose est la manière avec laquelle le film est traité, qui est on ne peut plus conventionnelle. On reconnaît aisément le style d’Eastwood, qui ces derniers temps semble trouver qu’il est finalement plus rentable de ne pas inventer d’histoire, et que raconter la vie d’un gars célèbre, c’est plus simple et ça paye bien. Outre ce manque d’originalité concernant le thème du film et la façon de le réaliser, on pourrait trouver, en bon français, que finalement toute cette histoire ne nous concerne pas vraiment. Il s’agirait alors d’un film fait par un américain, pour des américains. Certes, découvrir la vie de ce type sur le plan historique est intéressant et enrichit la culture, mais un documentaire sur ARTE fait le même effet.

Heureusement, J. Edgar a bien sûr quelques qualités, qui justifieront pour certains le prix du ticket. Leonardo Di Caprio incarne Hoover avec sobriété, sans être étincelant, mais en prouvant une fois encore qu’il peut jouer à peu près n’importe quoi. Les scènes relatant la jeunesse du personnage sont peut-être de meilleure qualité, avec un jeu d’acteur plus naturel et plus intense, et un personnage moins surfait. Certains trouveront les effets spéciaux vieillissant les personnages un peu irréalistes, ils restent néanmoins de très bonne facture. Et puis les décors sont parfaits, avec pléthore de détails qui font la richesse du film.

En conclusion, on peut qualifier ce film de bon divertissement, très bon documentaire à visée historique, mais qui se fera probablement vite oublier.

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