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Asu, le 01/05/12

Hunger Games

Annoncé comme le film pour ados de l’année 2012, Hunger Games est un film tiré d’une trilogie écrite par Suzanne Collins, dont le scénario rappelle étrangement le roman du japonais Kōshun Takami, Battle Royale.

Mieux que des insinuations, voici le scénario que propose Allociné :
« Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l'Amérique du Nord, le Capitole, l'impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille - les "Tributs" - concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s'être rebellée et stratégie d'intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s'affronter jusqu'à la mort. L'unique survivant est déclaré vainqueur.La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition. Elle se retrouve face à des adversaires surentraînés qui se sont préparés toute leur vie. Elle a pour seuls atouts son instinct et un mentor, Haymitch Abernathy, qui gagna les Hunger Games il y a des années mais n'est plus désormais qu'une épave alcoolique. Pour espérer pouvoir revenir un jour chez elle, Katniss va devoir, une fois dans l'arène, faire des choix impossibles entre la survie et son humanité, entre la vie et l'amour... »

Etrange ressemblance, non ? Ressemblance d’autant plus étrange qu’elle est réfutée par l’auteur de la trilogie, Suzanne Collins. Rappelons que, dans Battle Royale, le Japon a connu une violente vague de rébellion de sa jeunesse. En punition, une classe de lycéens est sélectionnée chaque année pour participer à un jeu, nommé Battle Royale, où un seul pourra rentrer chez lui, le dernier survivant. Oh ! Qui a dit plagiat ?

Moi qui ai adoré les mangas B.R, le film (le premier plus que le deuxième), je suis allé voir ce film en ignorant qu’il était inspiré d’une trilogie américaine. Je m’attendais à un remake hollywoodien, avec ses clichés et ses caricatures habituelles, mais aussi à une bonne dose de violence et d’agressivité, teinté d’une psychologie plutôt poussée.
Et en fait… Disons que l’on a eu le remake hollywoodien, avec tous ses défauts, sans les côtés positifs du cinéma japonais : violence, agression…

Pourtant, je ne me suis pas ennuyé. La première partie du film, où les Tributs sont sélectionnés, découvrent le monde réel de Panem en allant dans la capitale, bref, toute la partie du film avant que les ados soient amenés à s’entretuer est vraiment très bien menée. Je m’explique.
Les districts sont des zones sauvages où règne une extrême pauvreté. La faim, la misère sont réellement présentes à l’écran. La scène où l’héroïne, Katniss, et le Tribut masculin de son district arrivent dans la capitale, le choc psychologique qui en résulte est réussi. Les habits, les couleurs, les normes, tout est poussé à la superficialité : on fait un saut de plusieurs siècles. C’est ce qui m’a le plus convaincu dans ce film, la façon dont le réalisateur et le scénario, par les dialogues, les plans, les costumes, l’environnement, arrivent à retransmettre toute la superficialité, le côté pervers et malsain de cette société post-révolutionnaire. Tout ceci conduit à la diabolisation de la télé-réalité, de cette perversité poussée jusqu’à l’extrême qui consiste à observer des jeunes s’entretuer, parier sur l’éventuel vainqueur, avec le concours de sponsors qui décident de soutenir tel ou tel candidat.

Et là vraiment, le film vous tient en haleine et l’on attend impatiemment la suite. Sauf que la suite n’est pas du tout à la hauteur. Sans spoiler, toute la deuxième moitié du film où les ados s’entretuent est tellement stéréotypée, la violence censurée que le film s’essouffle et traîne. Dommage, d’autant plus qu’on commençait à s’attacher aux personnages et que ceux-ci deviennent caricaturés. Hollywood, vous me direz.

En fait, ce film a ajouté ce qu’il manquait au film Battle Royale : un background plus détaillé. Mais il a enlevé ce qui en faisait l’attrait : la violence et la psychologie des personnages.
Je retiendrai une autre chose positive, l’actrice Jennifer Lawrence, qui incarne Katniss. Sa prestation est à la hauteur, elle arrive à tenir le film durant toute cette deuxième partie très longue, très décevante.
Ce qui m’a vraiment énervé, c’est ce plagiat non-assumé de Battle Royale. Au Japon, le film (et d’ailleurs la trilogie) font polémique, et à juste titre. Comment peut-on nier la ressemblance ?

Je vous conseille tout de même d’aller voir ce film, au moins pour la première moitié qui vaut vraiment le coup d’œil. On reste quand même sur sa faim, dommage il y avait tellement matière à mieux faire ! Un petit 3/5 me semble honorable.

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