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Alki, le 12/12/2011

Drive

Hum. J’aurais aimé savoir comment commencer cet article sur ce film. Alors, Drive, c’est un film, qui…Ouais non, ça ne fonctionne pas comme je l’espérais. Drive-Ryan Gossling-Voitures-Cascadeur-Baston-Musique…pas mieux. Ce film, réalisé par Nicolas Winding Refn, est un OVNI, une œuvre d’art, dans plusieurs domaines et sur plusieurs niveaux. Décrire et critiquer ce film en devient donc compliqué. Tiré du bouquin éponyme écrit par James Sallis, sorti en 2005, le film a reçu la Palme de la Mise en scène au dernier festival de Cannes. Non sans raison.

Do not ever look back

Drive, c’est l’histoire de « Driver » (faire un film de deux heures sans donner de nom au personnage principal, c’est pas rien), un jeune homme un peu autiste, qui partage sa vie entre trois occupations principales : être cascadeur, être garagiste, et être « transporteur » la nuit pour des activités illégales. Bref, le mec aime les bagnoles. Beaucoup. C’est peut-être d’ailleurs tout ce qu’il aime. Son patron, Shannon , gère tout ce qui tient de l’humain à sa place : il s’occupe de lui sur les tournages, gère le garage, cherche des sponsors « plus ou moins honnêtes » pour monter une écurie de Nascar et le faire courir...Donc, Driver, il touche à peu près que des voitures dans sa vie. Ça fait une vie sexuelle assez limitée, pour être honnête. Jusqu’au moment où il croise sa voisine, une belle blonde, et son gamin. Le mari de la belle est en prison. Et évidemment, l’autiste taciturne va tomber amoureux de la demoiselle en détresse.

Au-delà du scénario plus ou moins classique d’une série B à la ricaine, et à dire vrai assez lent, ce qui peut plomber l’expérience cinématographique qu’est ce film, plusieurs éléments entrent en jeu pour faire rentrer le film dans une dimension supérieure. Et c’est là que le charme opère.

Less is more

Effectivement, « Less is more ». Et ça prend ici tout son sens. Le premier élément qui fait basculer ce film de « blockbuster ricain » à « œuvre d’art », c’est la simplicité.

Les dialogues, tout d’abord. Ils sont relativement peu nombreux, à commencer par ceux du personnage principal. Mais c’est justement ce qui fait leur force : parce qu’ils sont plus rares, ils sont plus importants. Et même avec des dialogues plutôt rares, la performance des acteurs, de Ryan Gossling (mention spéciale pour cette étoile montante du cinéma qui fait des choix de carrière excellents, remplis de films intéressants un à relatif jeune âge, comme « La faille », ou encore plus récemment « Les marches du pouvoir ») à Ron Perlman, est à noter comme superbe.

Puis viennent ces balades dans Los Angeles de nuit, en caméra embarquée, comme en vue aérienne. Avec le deuxième élément magique de ce film : la bande originale. On se laisse bercer dans cette voiture, par Ryan Gosling, dans ces rues anonymes, au son d’une bande son aux petits oignons, avec un goût prononcé d’electro, et une petite pincée de pop. Préparée avec amour par Cliff Martinez, on trouve dans les ingrédients de cette superbe sauce Kavinsky, le DJ français, avec son titre Nightcall, titre phare du film.

Deux heures d’images superbes, de musique planante, d’intelligence de jeu. Une perle à mes yeux. Le scénario est ceci dit un peu « mou du genou », mais ce dernier est presque un prétexte à ce niveau. Tout est parfait, à condition qu’on ne le prenne pas pour un film d’action. Ce qu’a fait une spectatrice américaine et qui va tenter de coller un procès au film pour « bande-annonce qui fait croire que c’est comme Fast five ».

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